Hadopi, TF1, Courroye…

C’est intéressant de retrouver ces noms associés dans l’histoire de Jérôme Bourreau-Guggenheim, licencié de TF1 pour avoir osé envoyer une question sur Hadopi à sa députée, Françoise de Panafieu. Cette affaire a le mérite de montrer la collusion de grands médias, opérateurs de réseau télecom et fournisseurs de contenus (ici TF1-Bouygues)  avec l’UMP, le gouvernement et ses exécuteurs.

Elle nous montre aussi comment le délit d’opinion est entré dans certaines entreprises. Et que ceux qui sont censés défendre les valeurs de la République, ne le font pas toujours quand ils s’agit de le faire face aux intérêts de l’argent et du pouvoir en France.

Licencié de TF1 pour ses positions anti-Hadopi, Jérôme Bourreau crée une association

Son licenciement ne fera pas taire Jérôme Bourreau-Guggenheim. On se souvient que l’homme avait été brutalement démis de ses fonctions par TF1, après que le ministère de la culture a informé la chaîne que son salarié s’était opposé à la loi Hadopi dans un message personnel envoyé à sa députée Françoise de Panafieu (UMP). « Vous avez des salariés qui, manifestement, aiment tirer contre leur camp« , avait prévenu le chef de cabinet de Christine Albanel, dont le livre sur « Internet et les libertés » doit sortir à la fin du mois d’août.

Le mois dernier, la plainte déposée au pénal contre TF1 par Jérôme Bourreau-Guggenheim pour « discrimination en raison des opinions politiques » a été classée sans suite par le parquet de Nanterre. C’est-à-dire par le procureur Philippe Courroye, dont le traitement de l’affaire Woerth-Bettencourt attise actuellement les doutes sur sa capacité à se mettre au service de la Justice davantage qu’au service du pouvoir et de Nicolas Sarkozy, duquel il est notoirement proche.

Ce mercredi, l’ancien salarié de TF1 annonce la création prochaine d’une association baptisée « Affaire d’opinion« , qui « dépassera ma propre personne et aura pour objet la protection des valeurs démocratiques et la libre expression« .

Il ne manque pas d’égratigner le procureur Courroye, qu’il accuse d’avoir commis une « regrettable erreur d’appréciation » en refusant d’appliquer les dispositions de l’article 225-1 du code pénal, qui condamne les licenciements qui visent des employés en raison « de leurs opinions politiques ». « Si une telle décision devait faire autorité dans des cas similaires, aucun employé n’aurait plus la possibilité de s’exprimer sur les enjeux de société – en son nom propre, en dehors du cadre de son travail – sans l’accord explicite de son employeur. C’est donc la liberté d’expression citoyenne de tous et de chacun qui est insidieusement menacée dans cette affaire« , écrit Jérôme Bourreau. Il pourrait « examiner toutes autres suites pénales qui permettront de condamner ce délit« .

Par ailleurs, il dénonce TF1 qui « par l’intermédiaire de ses avocats, multiplie les manoeuvres juridiques pour reculer l’échéance d’une quelconque conclusion« . Alors que sa plainte aux Prud’hommes devait être examinée en septembre, le dossier a été renvoyé au 16 mai 2011. Il a été licencié en avril 2009…

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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